09-07.07

Pour passer de l’autre côté de la frontière il faut un visa ; nous avions déjà fait les mêmes démarches la première fois. C’est le boulot de Cédric, il est rodé, seulement quelques fois les lois changent et ici à l’ambassade de la PNG c’est le cas. Pour avoir un visa c’est trois jours mais si le but du voyage est uniquement l’obtention d’un nouveau visa indonésien, la Papouasie Nouvelle-Guinée demande désormais que les personnes se munissent d’un Business Visa qui coûte 150 Frs et qui n’est livré que dans trois semaines, c’est la galère. Après maintes lamentations, fausses larmes et blablas à la pelle, Cédric obtient les visas dans l’heure qui suit et cela sans corruption. L’ambassadeur est honnête et aidant ; de plus il sait que le coût du visa business est déjà une grosse arnaque, il n’en rajoute pas, comprend la situation et délivre les visas. Nous louons une bonne voiture pour 50frs afin de nous amener à la frontière ; Margaux a un peu souci, Cédric est passé au bureau de l’immigration mais contrairement à Sorong, les fonctionnaires d’ ici sont d’immenses corrompus et créent d’énormes problèmes à la moindre occasion. Cédric a déjà eu à faire à eux ; le contact est tout de suite froid et Cédric décide de quitter les bureaux en douce et de tenter une chance au poste frontière. Après une heure de voiture c’est la douane, la sortie du pays nous est refusée à cause du visa de Margaux. Cédric connaît les règles ; il faut payer une amende de 20 dollars par jour en plus, il le savait déjà depuis longtemps, ce qui n’était pas clair c’était la possibilité de régler la somme à la douane plutôt qu’au bureau de l’immigration. Les miaulements ne serviront à rien et malgré l’aide du responsable de la douane qui appelle à trois reprises le commandant à Jayapura, la réponse est négative, nous devons rebrousser chemin. Les douaniers les plus lourds de toute l’Indonésie nous attendent. C’était quitte ou double on a perdu. Une fois arrivés à la douane, on nous avait promis par téléphone de tout régler le soir même. Promesse non tenue ; le boss nous dit de revenir demain. Personne ne reconnaît Cédric et le rapport entre l’équipe de tournage et cette jeune hors la loi n’est pas fait. C’est peut être une bonne nouvelle et du coup Cédric tente à nouveau d’obtenir la possibilité d’arranger le dilemme tout de suite. Le douanier prend le passeport de Margaux et commence à remplir un questionnaire ; c’est sûrement gagné et Cédric se frotte les mains ; 30min plus tard la nouvelle tombe ; le questionnaire est une décharge et le passeport de Margaux est confisqué, nous devrons revenir demain. Margaux est un peu tendue et Cédric aussi. Pour couronner le tout il y a une convention en ville et tous les hôtels sont pleins. Après une heure de recherche, Cédric trouve un hôtel tout pourri, il n’y a même pas l’électricité car tout est en panne.

10-07.07

Rendez-vous à 8 heures pour un interrogatoire. Le mot est grave et peut faire souci. Margaux n’est pas au top en anglais, c’est en tous cas ce qu’elle prétend et de toutes façons, si Cédric est à la traduction, ce sera plus facile pour s’en sortir. Le fonctionnaire en charge est charmant, attention ça peut encore cacher quelque chose mais non ; vraiment charmant. L’interrogatoire se transforme en questionnaire, c’est détendu, ça rigole, tout est en ordre on respire ; à noter qu’ils ont tout de même oublié de nous faire remplir les papiers concernant l’amende et qu’après payement nous n’avons jamais reçu de quittance. Nous n’avons pas envie de chercher les poux au mauvais endroit et en plus ils étaient vraiment sympas. Une heure plus tard nous passons la douane. Arrivés en PNG, le douanier du coin nous laisse passer avec les cassettes sans broncher. Une autre heure plus tard nos demandes de visas sont déposées à l’ambassade. Comme la première fois nous dormons chez l’Australien au sommet de la montagne, un coin sympa, eau chaude et cuisine. On se fait des pâtes au thon, hummmmm.

11-07.07.

Les visas sont prêts, on saute dans un taxi, passage de la douane sans problème, on file avec le taxi, le même qui nous a amenés et à qui nous avions donné rendez-vous. Tout est en ordre ; nous arrivons à l’aéroport, pas d’avion avant demain matin ; du coup, vrai retour aux sources, nous nous installons pour une nuit au Semeru, l’hôtel de nos débuts en Papouasie. Cédric s’occupe d’envoyer de la paperasse à Jakarta. Les flics et les militaires, services secrets inclus sont à notre recherche. Nous n’avons plus de permis de tournage et de Surat Jalan, sorte de visa pour la Papouasie. Rosana qui s’occupe de nos permissions et qui est vraiment efficace (elle bosse pour le ministère du tourisme et de la culture), nous demande de refaire des permis pour être sûrs de ne pas avoir de problèmes au moment du départ. C’est encore un coup à mille francs mais nous n’avons pas le choix, il ne faut prendre aucun risque à ce moment de l’expédition car cassettes confisquées égale cassettes perdues.