21-25-07.07

La voilà la longue préparation pour le départ. Nous ne pouvons pas partir en avion, trop cher, plus de sous et surtout aucune compagnie ne peut nous prendre avec l’intégralité de notre équipement. C’est au coup par coup, quand il y a de la place, paquet par paquet et c’est le meilleur moyen pour tout perdre. La décision est prise ; de toutes façons on n’a pas le choix. Pelni, 5 jours de traversée avec quelques courtes escales. Yanick, Margaux et Iwein partent un jour en jungle pour filmer un dernier oiseau ; pas facile. Le paradisier est timide et reste à plus de 15m de la caméra. Les images sont inutilisables mais l’oiseau une fois de plus, comme promis, était présent ; la chance a manqué. Pendant ce temps c’est Cédric qui garde le matériel. C’est alerte rouge, nous ne quittons jamais le matériel et surtout pas les cassettes. Il y a toujours quelqu’un à l’hôtel, c’est un peu lourd, mais ce n’est pas à la fin qu’il faut lâcher la pression. Le but maintenant est de ramener les cassettes et le matériel. Nous sommes ok et en pleine forme, les images sont tournées, il faut maintenant prendre soin de notre boulot et c’est ce qu’on fait avec une rigidité digne d’un commando spéciale…mission : surveillance du butin 24/24.
26-07.07
Le Pelni devait quitter Sorong le 22 mais il y a du retard. La date finale était le 25 au soir mais là, encore du retard. Heureusement car il pleut à torrent depuis une semaine mais seulement le soir et quand on dit à torrent c’est vraiment à torrent. ; donc pour charger le matos ce n’est pas cool. La nouvelle date du départ est définie. C’est aujourd’hui et ce matin, parfait. Avec tout ce retard on a largement eu du temps pour tout bien emballer. 43 paquets pour 1122 kg ; nous sommes au port avant tout le monde et le camion est parqué à quelques mètres d’où viendra s’amarrer le bateau. Cédric fricote avec la police du port car elle peut être énervante et abuser de son pouvoir en nous empêchant de manoeuvrer librement. Nous en avons déjà fait l’expérience mais cette fois pas de souci, les gars sont sympas et Cédric les a avertis de notre surcharge pondérale. Iwein et Like sont là pour nous donner un coup de main ; sans David et Mellie c’est un peu juste. Margaux qui surveille dans la cabine et Cédric au camion, il ne reste que Yanick pour faire les allers-retours ; deux personnes en plus c’est parfait. En parlant de Mellie, elle est en Suisse. Son passage par Bali s’est bien passé et elle a fait plein de T-shirts. Elle est de retour sur la neige à peine 10 jours après avoir quitté Sorong. Le bateau arrive, 130m, capacité 3000 personnes ; il n’y a pas trop de monde mais quand même, les passages sont vite bloqués. Système D, Cédric monte à bord avec Margaux, les cassettes et la caméra. Ils trouvent une cabine pour 5 jours de traversée car il n’est pas question de squatter en économie et surtout pas avec le matos. Première classe B. Margaux attend en cabine. Depuis le pont Cédric installe une poulie et une corde. Paquet par paquet tout est hissé à bord. Tour à tour Yanick, Iwein et Cédric hissent les paquets sur une quinzaine de mètres. En haut Cédric stocke le tout ; un marin lui donne un coup de main. Trente minutes plus tard tout est à bord ; pas mal d’ampoules aux mains mais aucun dégât matériel. Iwein et Like s’en vont et le bateau quitte la Papouasie. Il faudra à Yanick et Cédric encore 30 minutes pour amener les bagages en cabine ; ça y est, on part.
27-30-07.07

Les voyages en Pelni ça nous connaît, mais cette fois c’est le plus long. 2747km avec quelques escales d’une ou deux heures, dans les Moluques, en Sulawesi et à Bornéo. La plupart des arrêts se font de nuit ; Cédric se lève et fait un petit tour sur le port, rien de très passionnant. Pour ce long voyage, nous avons pris une cabine de 1ère classe B, c'est-à-dire quatre lits, un bureau, la télé par satellite et une salle de bain avec eau chaude ; le bonheur .De plus, trois fois par jour nous avons accès gratuitement au restaurant. Là, c’est déjà moins classe ; la nourriture est mauvaise mais c’est mieux que la diète. Le ticket d’avion nous aurait coûté 320.- par personne et nous aurions du débourser plus de 2500.- pour le matériel. Ici, pour une cabine de luxe nous payons moins de 200.-

par tête et rien pour le matériel ; en plus on se repose bien. Jakarta est en vue, le choc ; ça pue et on voit clairement la pollution. Il est 23h et nous allons débarquer ; l’agent de fret Mister Ischan nous attend sur le quai avec un camion. Cédric l’avait averti de notre arrivée, c’est avec lui que nous envoyons tout par cargo- air. Au début c’est assez tranquille ; il y a peu de monde et nous décidons de tout descendre par les escaliers et non avec la poulie. Grave erreur, personne ne descend mais des tonnes de matériel monte. Le Pelni repart en Papouasie et les commerçants, tout comme nous, profitent du prix réduit concernant les bagages et remplissent le bateau d’équipements destinés à la vente en Papouasie. C’est la catastrophe, les dockers portent des cartons énormes. Yanick et 5 porteurs amènent les affaires sur le quai, 20min par voyage. Margaux surveille en cabine et Cédric surveille sur le quai ; après deux heures le bateau est vidé.
31-07.07
Il est 1 heure du matin ; Ischan est un peu nul, au lieu d’un camion, il est arrivé avec un lorry, tout petit camion et Yanick qui fait les allers-retours entre les bagages et le véhicule s’amuse au Tetris pour pouvoir tout caser dans le mini coffre. Les allers-retours se font avec un chariot car il y a un peu moins de cent mètres à parcourir. Il nous faut encore une heure pour terminer ce douloureux transfert. Vers 2h30 nous quittons

le port, Yanick et Margaux dans un taxi et Cédric avec Ischan dans le camion. Ischan nous dit que nous allons au hangar d’emballage pour préparer les palettes. Première mauvaise nouvelle, il n’a plus nos palettes et nous dit qu’elles ont pourri. Il les a certainement vendues ; deuxième surprise : après 1h de route, nous arrivons dans un petit village en dehors de Jakarta. C’est chez lui, les routes sont en terre battue, les maisons minuscules mais les gens très sympas. Nous stockons le matos dans le mini corridor d’une petite maison. Ischan veut nous emmener à l’hôtel ; il est fou !!! Ça fait sept mois qu’on ne quitte pas le matos, ce n’est pas aujourd’hui qu’on va le faire. Les gens sont très sympathiques ; Yanick et Margaux dorment dans le salon du beau-frère et Cédric se tasse au milieu du matos, il est 4h du matin. Debout à 6h30, nous sommes un peu secs. Cédric part chercher les sacs de T-shirts que Mellie a laissés à Jakarta et Yanick s’occupe des palettes avec Ischam. Soudain un des villageois sort la tronçonneuse et commence à abattre un arbre pour en extraire des planches afin de construire les palettes. Yanick s’énerve un peu car à ce rythme là on n’est pas encore loin. L’avion part demain soir et Ischan se fait un peu secouer. Il propose d’aller chez un marchand de palettes, bonne idée. Le marchand les construit à la demande mais les planches sont déjà prêtes et sèches. Il faudra 4h

à Yanick pour réussir la mission palettes. Entre- temps, Cédric est de retour au village avec les sacs de Mellie et repart en ville pour acheter la cellophane et les sangles. Mieux les paquets sont faits moins il y a de chance de casse et de pertes. 3h de taxi aller-retour ; Jakarta est une grande ville de 12 millions d’habitants et le trafic marche au ralenti. Vers 15h nous commençons enfin l’emballage. Deux heures pour entasser, une heure pour plastifier et 30min pour sangler, les palettes sont prêtes, il est 19h. Ischan hésite mais poussé par Cédric, il accepte d’emmener le matos à l’aéroport. L’envoi part avec Qatar dans le même avion que nous ; pur hasard. Cette fois Cédric et Ischan partent avec un vrai camion. Yanick et Margaux vont au centre ville pour trouver un hôtel et deux heures plus tard ils sont installés. Cédric arrive à l’aéroport, il est largué sur un parking, les douaniers ne doivent pas le voir car ça peut compliquer les choses. Nous n’avons rien d’illégal mais la corruption fait des ravages à Jakarta et la vue d’un étranger avec autant de bagages mène automatiquement à des problèmes. Le camion revient vide, ça fait bizarre, nous nous effondrons tous, grosse journée.
01-02.08

Nous avons déplacé notre vol d’un jour afin de faire quelques achats à Jakarta. Cédric surveille la chambre le matin de 8h à 14h et part l’après-midi pendant que Yanick et Margaux sont au poste. La ville est énorme, on trouve de tout et les marchés sont gigantesques. Notre avion décolle le 3 août à 3 heures du matin, nous devons être à l’aéroport vers minuit.
03-07.08

Ça y est, il est minuit et nous sommes à l’aéroport. Nous avons neuf colis, trois sacs à dos, une valise caméra, la grosse caméra, le sac de Margaux, le sac de Cédric, un carton d’arcs et de flèches et les cassettes. Les choses importantes viennent en cabine avec nous ; le personnel de l’aéroport ne nous donne pas l’autorisation et nous sommes mis à l’écart ; pourtant on n’a pas grand chose. Les crews arrivent, nous parlons deux mots avec le chef de cabine en lui expliquant rapidement la situation. Caméras, k7, 7 mois de travail ; il va demander au commandant, c’est oui et en plus ils nous font entrer en premier. On est tout seul dans l’avion ;

on a le temps de caser nos affaires ; on n’est pas triste de partir car on a déjà quitté la Papouasie quand on est parti de la montagne et là, quitter l’Indonésie, c’est facile. Après 27 heures de voyage, escales comprises, nous débarquons à Zürich. Il y a Mellie, Frank, Céline et Yvan, c’est cool, on est un peu secoué, ça fait 7 mois exactement. Mellie a organisé une super petite fête chez Frank. Il y a nos parents, ceux de Margaux et sa s½ur, les Racheters, Thomas, Seb et Caro, Virginie, Frank et les Janots c’est super-sympa, vraiment bien, on mange de la salade et du fromage, des grillades, on est de retour mais la tête est encore là-bas, dans la forêt des mousses, assis sous un arbre énorme avec Mil, Teclop et Jeremias. Du coup on raconte plein d’histoires, c’est notre plus belle expédition, notre plus beau retour aussi.
Quatre jours plus tard nous avons reçu le matos, tout est là, à deux pas de chez nous chez Grandjean Transport. Yanick est au studio Vidéo Clap et derushe les images, Mellie prépare sa saison de snowboard, David est guéri et travaille à la demande, Margaux va retourner une année à l’école et Cédric continue à développer le projet en alternant bureau et chantier.
Il aide aussi Mellie à la création de son livre de photos prévu pour novembre. La vie ne reprend pas, elle continue…
Merci à nos partenaires, à tous ceux qui nous ont aidés, soutenus, suivis et à tous ceux qui ont participé de près ou de loin au tournage sur place.

TSR, COULEUR 3, ENERGIZER, VIDEO CLAP, CRESSI-SUB, AMPHIBICO, DEFI TECHNIQUE, SCOTT, PETZL, ROGER GUENAT SA, BEAL, PHOTO VISION, MEGA PUB, SUB- SPORT, AQUADIS. Thierry Robinet, Rosana, Ischan, le ministère de la culture et du tourisme indonésien, Bebas, les habitants du village d’Ormu, Agus, les habitants du village de Larye, Teclop, Mil, Jeremias, les habitants du village Korowai, Jacob, Paolus, Heriman, Rupert Stasch, Phenelon, les habitants du quartier des pêcheurs de Kaimana, Chen et sa famille, les habitants du village de Maimai, Assir, Dave de Shakti, toute l’équipe de Batbitim, Sherry, Andrew, Sacha, Yorg, Thorben, l’hôtel 88, Iwein et Like et les habitants du village des Arfaks, tous les porteurs, cuisiniers, guides, aides. Marc Fahrni, Amin et Marlène Gentil, la maman de Cédric et Yanick, pour le site, Mikaël de Z’images, les Racheters, Frank et Virginie, Seb et Caro, Thomas et Florence, Céline et Yvan, Jean-Marc Fankauser, Giovanni Samali, nos familles et amis, Sébastien Guerne, Le Vivarium de La Chaux-de-Fonds, La Banque Raiffeisen, Grandjean Transports, L’impartial, Le Matin, L’Escale,
Et un énorme merci et bravo pour leur excellent travail au sein de notre équipe à Margaux Zeender, Mellie Francon et David Lipka.